Les douze travaux d’OP Lentus

Par le Cpl Lafond, Cie médicale

Au mois de mai dernier, j’ai eu la chance d’être déployée pour venir en aide aux Québécois sinistrés par les inondations. L’Op Lentus, ma toute première expérience, s’est avérée extrêmement formatrice. Voici un bref résumé de ce que j’y ai appris.

  1. Gérer l’excitation: On doit apprendre à moduler son excitation rapidement… Donner sa disponibilité, puis attendre en «essayant» de penser à autre chose, c’est éprouvant… 
  2. Traverser l’incertitude: Le départ qui semble imminent… à l’infini! Être à 8 heures d’avis pendant quelques jours, le stock prêt sur le bord de la porte, à dormir sur une oreille et à attendre LE téléphone, sans pour autant être certaine de partir, ce sont de vraies montagnes russes émotives!
  3. Se préparer… pour la première fois… pour de vrai! Savoir quoi amener, les incontournables, quand t’es jamais partie pour une opération, ce n’est pas évident!
  4. Intégrer l’équipe : Joindre une équipe qui travaille déjà ensemble depuis quelques jours et percer la coquille de chaque peloton, ça challenge mon côté social et mon dos, compte tenu du poids des poches de sable! Travailler avec les gars, quel moyen efficace de créer le lien de confiance!
  5. Être ON 24/7 : Job de médic oblige, c’est en tout temps, en tous lieux! T’es une des dernières à te coucher dans les hommes du rang, une des premières à travailler (les gens viennent te voir tard le soir et/ou tôt le matin pour tapings, pansements, suivi). Même la nuit! Prendre une température d’un soldat malade parce que tu t’inquiètes, entendre quelqu’un vomir en plein cœur de nuit… Faut apprendre à ne pas se sentir mal de faire une sieste quand c’est tranquille!
  6. Doser l’empathie auprès des sinistrés : J’aurais pleuré ma vie parfois… Mais, les gens n’avaient pas besoin qu’on pleure avec eux. Ils avaient besoin de réconfort, de force et de support. Alors, on ravale, on se retrousse les manches et on fait notre job… avec le sourire et la main sur leurs épaules!
  7. Savoir gérer les ressources : Au début, le ravitaillement du matériel médical arrivait en très petite quantité. Il fallait user de jugement pour la gestion du matériel. De plus, travailler dans les eaux contaminées et salir un combat par jour quand la logistique de lavage de masse n’est pas encore au point, c’est réellement un défi! Alors, traînez-vous une petite bouteille de savon à lessive! Ça sauve la vie et ça permet de redonner un peu de lustre à notre brassard blanc! Fière, la médic!
  8. Répondre aux questions du public : Les gens ne connaissent pas notre réalité, mais ils sont curieux et ils posent des questions. Alors, il faut savoir rester dans les lignes, question de ne pas se mettre les pieds dans les plats!
  9. Dealer avec la fatigue: Au bout de deux semaines, j’avais les facultés affaiblies par la fatigue. J’avais mal dormi 3-4 jours avant de partir (excitation) et ça m’a pris une bonne dizaine de jours pour m’habituer aux bruits (J’étais dans un petit vestiaire d’aréna, entre une chambre des joueurs et la douche des 130 gars de la cie…) Disons que je devais écrire mes signes vitaux aussitôt pris!!
  10. Avoir une mentalité d’apprenant: Considérer chaque occasion comme une opportunité de devenir meilleure; capitaliser sur l’expérience des gens (j’ai travaillé avec un NQ5 régulier et un NQ4 réserve d’expérience), leurs connaissances et bonifier notre savoir en posant des questions; s’améliorer, apprendre…
  11. Développer sa polyvalence: Être la/le médic dans une cie, c’est savoir se montrer polyvalent. Il y a une dimension très large à notre rôle : alimentation, hydratation, hygiène, mécanique corporelle, prévention, entre autres. Et une cie, ça ressemble parfois à des enfants… Pour leur bien, ça vaut le coup de prendre le temps de leur donner individuellement leur petite dose de purel ou leur demander s’ils ont bien tous leurs lunettes balistiques! Faut répéter! Souvent! Ils comprennent qu’on est sérieux et ils écoutent!
  12. Accepter la réalité: Côtoyer les gens de la cie B du GBT de Montréal durant ces quatre semaines fût une expérience enrichissante pour moi. En plus d’avoir la reconnaissance du public, j’ai acquis confiance et initiative. Les militaires que j’ai rencontrés m’ont beaucoup appris, mais je dois avouer que je m’ennuie de la belle cohésion que nous avions développée en si peu de temps. Faut dire que y’a rien qui rapproche autant que de faire une job physique salissante, dans des conditions difficiles et échanger nos items de box lunch en étant pleinement conscient que ça serait dont bon, une bière après une journée pareille… sans pouvoir le faire!

Et pour tous ceux qui se demandent qui de la mère ou des enfants s’est le plus ennuyé, sachez que c’est en fait mon homme… qui s’est le plus ennuyé de moi! Il m’a avoué s’être même ennuyé que je lui cuisine tofu et légumineuses!

 

 

 

 

Bravo Zulu!

Par l’Adj Gilles Bruneau

Le 7 juin 2017, avait lieu au Centre d’instruction de la 2e Division du Canada à Valcartier (Camp Vimy), la remise des certificats de réussite militaire pour neuf membres de la 52e Ambulance de campagne. Ces-derniers ont terminé et réussi la qualification militaire de base.

Félicitations aux Sdt Bélanger, Sdt Bergeron-Roy, Sdt Guimond, Sdt Joubert, Sdt Laroche, Sdt Prince, Sdt Simard, Sdt Tétrault-Laporte et Sdt Tremblay. De plus, je tiens à souligner que le Sdt Guimond a terminé au deuxième rang du cours. UP52 !

La 52e Amb était représentée par le Maj Chevalier, l’Adj Bruneau et le Sgt Tremblay qui ont profité de cette occasion pour féliciter et serrer la main aux neuf soldats maintenant qualifiés. Prochaine étape, qualification de métier à Borden pour le Niveau de qualification niveau 3 d’adjoint-Médical.